Les paroles s’envolent , les écrits restent…
Ici, retrouvez, nos mots, nos écrits, extraits de nos Ouvrages en court…
« Je sais seulement que cette voix qui m’accompagne depuis toujours — celle que j’entends au fond,
entre deux pas — me pousse à écrire. Comme si les mots étaient le seul moyen de fixer ce que je traverse, de ne pas le laisser s’échapper. C’est comme ça depuis que je suis toute petite. L’écriture c’est mes dessins à moi.
Alors j’écris. J’écris ma fatigue. J’écris mes silences. J’écris le poids de mes anciens amours.
J’écris mes addictions, mes fuites, mes vertiges. Je les pose là, sur le papier, et peu à peu, je sens qu’ils ne m’appartiennent plus autant. Comme si chaque mot arrachait un morceau de mon ancienne peau.
Je découvre que l’écriture n’est pas une consolation. Ce n’est pas une confession. Ce n’est pas un journal intime. C’est un acte. C’est ma traversée vers l’autre rive que je n’ai jamais osé franchir.
Chaque phrase est une marche intérieure dénudée de mensonges, aussi rude, parfois, que les kilomètres sous mes pieds.
Et plus j’écris, plus je sens que quelque chose se met à bouger : cette mémoire plus grande que moi.
Cette mémoire qui m’englobe. Comme si mes phrases venaient d’un endroit ancien, où la voix de l’Etoile chuchote à travers moi :
— “N’aie pas peur de te dire. Les mots te libéreront. Ils feront de ta faille une porte.”
Et je comprends alors pourquoi j’ai pris ce carnet rouge dans mon sac sur lequel j’ai fait imprimer en Italie en couleur or « je m’aime ».
Pas pour me souvenir.
Pas pour témoigner.
Mais pour me retrouver. »
« Mon chemin est devenu un rite secret.
Chaque montée une épreuve.
Chaque descente un abandon.
Chaque rencontre une clé.
Chaque silence une réponse.
Je n’ai pas cherché à “guérir”.
Ce mot a perdu son sens au fur et à mesure.
Sur Compostelle, je n’ai
pas appris à effacer mes blessures, mais à marcher avec elles, à leur laisser une place noble.
J’ai découvert que la paix ne vient pas quand on chasse les failles, mais quand on les embrasse. »