Témoignages

  • Eric (témoignage fictif)

    Le jour où j’ai croisé B. et M., j’étais épuisé. J’avais marché toute la journée, sans vraiment savoir pourquoi. Juste pour avancer, peut-être fuir quelque chose, ou essayer de retrouver un peu de silence en moi.

    Elles sont venues vers moi simplement, sans poser de questions. On a échangé quelques mots, presque rien. Puis l’une d’elles m’a déposé un petit caillou dans la main.

    Elle m’a dit : « Garde-le jusqu’à ce que tu n’en aies plus besoin. »

    Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a touché plus que tout le reste. Ce n’était rien, et en même temps c’était beaucoup. J’ai repris la route avec ce caillou dans la poche, comme une présence discrète.

    Je marche encore avec.

  • Sophie (témoignage fictif)

    Je les ai rencontrées devant une petite église, en fin de journée. La porte était ouverte, et je m’étais assise à l’intérieur pour me reposer. Elles sont entrées sans bruit, comme si elles connaissaient déjà l’endroit.

    On a parlé longtemps. Pas de choses extraordinaires, mais des choses vraies. De fatigue, de choix, de moments où tout bascule sans prévenir.

    Elles m’ont expliqué leur marche, leur projet. Ce n’était pas un discours, plutôt une manière d’être. Une façon d’habiter le chemin.

    Avant de partir, on a partagé un silence. Puis elles ont repris la route.

    Je suis restée là encore un moment. Et pour la première fois depuis longtemps, je ne me sentais pas seule.

  • Pierre (témoignage fictif)

    Je ne les ai pas vues venir. J’étais en train de marcher vite, presque en colère contre moi-même. Elles m’ont simplement demandé si je voulais faire un bout de chemin avec elles.

    On a marché côte à côte, sans obligation de parler. Et puis, petit à petit, les mots sont sortis. Pas forcément les bons, mais les miens.

    Elles écoutaient sans corriger, sans conseiller. Juste présentes.

    À un moment, l’une d’elles m’a dit : « Tu peux déposer ça ici, si tu veux. »

    On était au bord du chemin. J’ai posé une pierre. Je ne sais pas exactement ce que j’y ai mis, mais j’ai senti que quelque chose se déposait avec.

    On s’est quittés un peu plus loin. Je n’ai pas cherché à garder contact.

    Mais depuis, je marche différemment.

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